Lettres épistolaires

Lettre anonyme n° 3

Ambiance d’écriture :

XXX,

Je n’espérais plus de réponse de votre part.

Durant toutes ces semaines, je vous ai imaginé très occupé par vos obligations professionnelles et personnelles. J’ai osé entrevoir un caractère peu téméraire et bileux devant le mystère. Je dois vous exprimer mon pardon devant tant d’impudence, même si la taquinerie pouvait être envisagée dans notre correspondance.

Si vous avez voulu tester ma patience, je vous félicite pour cette action. Sachez que je suis charmée de constater que vous savez vous amuser sans craindre de me contrarier. C’est une attitude qui me semble pertinente devant les cachotteries que je vous impose.

Consciente que me répondre sous la forme épistolaire demande d’y consacrer un temps certain, je vous encourage à utiliser le support qui vous sied pour le faire, tant est, que vous en ayez l’envie. Je serais bien chagrinée d’apprendre que je suis responsable d’un retard de livraison de corniches, rosaces, colonnes, faux-plafonds ou bustes, juste parce que vous vous souciez de paraître poli. Car au fond, comme il me serait difficile d’échanger si vous exigiez de moi une réponse en zinc, plâtre, silicone ou encore en stuc. Je ne prendrai jamais ombrage devant une réponse rapide, rédigée sur un post-it, ou écrite dans la poussière blanchâtre d’un ponçage minutieux. Si les termes ci-dessus sont inexacts, n’hésitez pas à me reprendre. Même si c’est sous cape, je souhaite apprendre à vos côtés.

Débonnaire, est un joli mot. C’est aussi une humble qualité. Quant à la curiosité, je n’ai jamais pensé qu’elle était un vilain défaut. Tout est une question de dosage. Tout comme la gâche. N’est-ce pas ? Moitié eau, moitié plâtre.

Puisque vous acceptez de « jouer le jeu », permettez-moi de vous offrir quelques cartes. Il vous suffira d’écrire « joker » pour ne pas répondre à une question.

Quant à la case « ami », je dois y réfléchir… Lorsque je vous demandais de prendre votre aise avant de vous engager, c’était pour un contrat d’ordre « participatif et créatif ». Pour moi, une amitié n’est pas un contrat à durée déterminée. Or, j’imaginais qu’il fallût me hâter pour ensuite vous libérer de mes missives intrusives. Votre proposition est encore un geste de générosité. Seriez-vous d’accord que nous reparlions de cela dans un prochain échange ? L’affaire est trop sérieuse pour nous précipiter dans cette boîte si précieuse. Mais sachez que l’idée me séduit.

Je me rends compte aujourd’hui, que mon projet d‘écriture est une idée folle et le doute s’empare de moi. Aucune étude littéraire pour me sentir légitime d’une telle activité. Aucun bon droit d’ordre intime pour m’autoriser à vous déposséder de vos émotions. Mon entêtement, à refuser une visite dans votre atelier, va rendre l’exercice ardu. L’échec me guette. Mais tant pis, je me dois d’essayer et d’y mettre mon temps, ma hargne et mes mots. Mon ambition n’est pas d’écrire un article, mais une fiction. Le roman étant trop ambitieux, je me suis mise en tête, d’imaginer une nouvelle. Une nouvelle où vous seriez le héros. « Mon » héros. Si les protagonistes sont souvent des justiciers, des médecins, des avocats, des espions, le staffeur MOF a été oublié.

Êtes-vous déçu ? Auriez-vous rêvé à une mise en lumière plus immédiate ?

Peut-être apprendrez-vous que choisir un nom et/ou un prénom pour un personnage de fiction est laborieux. Pourriez-vous m’aider dans cette tâche ? Par exemple,

– Auriez-vous préféré vous appeler autrement que XXX ? Avez-vous un mentor auquel vous voudriez rendre hommage ?

Je m’autorise une question supplémentaire :

– Dois-je vous associer un animal de compagnie ?

Je vous laisse à la réflexion.

Bien à vous,

Texte définitif : XXII.XI.MMXX      Version « prime »

Pour mieux me connaître : Ludwig Van Beethoven est le compositeur que j’écoute assidûment et toujours seule. La sonate au clair de lune reste ma préférée parmi tant d’autres.     https://www.youtube.com/watch?v=xBSmcb9dne0

Sans une flaque, je ne peux pas observer la lune et les étoiles. Or, je n’ai trouvé que cette solution depuis que je me suis fait la promesse de ne plus lever les yeux pour les regarder. Vous l’aurez compris, le ciel est clément ; pas une seule goutte d’eau pour mirer la galaxie.

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