Lettres épistolaires

Lettre anonyme n° 1

Ambiance d’écriture :

Monsieur,

J’ose enfin, après maintes hésitations, à vous contacter. J’en conviens, c’est un petit signe discret et peu convenable de le faire de la sorte. Écrire sous anonymat n’est pas sans susciter de l’interrogation et de la méfiance. Libérez-vous de ces sentiments. Je ne suis en rien dangereuse ni même maléfique. Mes pouvoirs sont d’un ordre aimable, curieux, et respectable.

L’objet de cette missive n’est pas de vous avouer de bons sentiments. D’ailleurs, pour cela, il m’aurait fallu m’attacher davantage à votre personnage. Or, l’occasion ne m’a pas été donnée. Nous nous sommes bien entraperçus quelques fois, mais jamais j’ai pris le temps de vous accorder de l’attention. Ce n’est donc pas votre personnage qui me pousse à me dépasser mais votre métier. Dois-je d’ailleurs, lorsque l’on échange avec un Meilleur Ouvrier de France préférer le mot « passion » ?

Vous l’aurez compris, je veux écrire sur vos gestes, vos pensées, vos humeurs et vos obsessions lorsque vous créez. Je ne suis ni journaliste, ni spécialiste dans les arts. Je suis une passionnée d’écriture qui recherche des acteurs insolites pour noircir ses pages blanches.

Parce que je redoute que vous vous agaciez devant tant d’audace, j’ose vous demander, sans plus attendre, si vous consacreriez un peu de votre temps à répondre à mes prochains courriers ?

Si vous acceptiez, auriez-vous des exigences à mon égard ? Après tout, je peux entendre que vous vous décidiez une fois vos conditions exprimées.

Bravez puisque je brave.

Nota Bene : Si je préfère le vouvoiement lorsque je m’exprime, je tolère avec enthousiasme que l’on me tutoie. Accepterez-vous cette première convenance entre nous ?

XXVII.IX.MMXX : texte définitif.

Adresse mail créée pour l’occasion

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