Lettres épistolaires

Lettre VII – Souhaiter un anniversaire à son ennemi

Ambiance d’écriture :

Plusieurs possibilités s’offrent à vous pour souhaiter un anniversaire :

1. La plus rapide : envoyer un bref texto, l’enrichir d’un bref effet pour donner l’illusion que vous n’avez pas oublié l’événement et que vous y accordez toute l’importance que le destinataire en attend,

2. La plus impersonnelle : choisir une carte animée sur le web,

3. La plus vaniteuse : utiliser les réseaux sociaux. Par ce biais, vous décidez de le faire publiquement de façon à montrer une certaine imminence,

4. La plus incongrue : vous inviter à la fête sans y avoir été conviée,

5. La plus absurde : reporter la rédaction du message à tard le soir, juste pour simuler un oubli alors que le calendrier électronique vous rappelle l’événement depuis l’instant où vous sortez de votre sommeil,

6. La plus fielleuse : jurer que vous supprimerez très vite cette notule de votre agenda, convaincue qu’il ne mérite plus d’y figurer,

7. La plus authentique : prendre le temps de rédiger un contenu personnifié et d’utiliser les compétences de l’industrie postale. Le dilemme restant toujours le même : doit-on anticiper l’envoi pour que la missive arrive le jour J ?

8. Et reste la plus sincère : joyeux anniversaire

C’est une chance que la France soit en confinement à cette période. La missive prendra un certain temps pour lui parvenir. Juste assez de temps pour qu’il rumine, qu’il s’agace, qu’il m’injure même. Je l’entends déjà vociférer – « putain, quelle conne ! elle feint l’oubli !». Vous avez raison cher ex-amant. Je crains de ne pouvoir vous oublier et pour une raison simple : « Ami est quelquefois un mot vide de sens, ennemi, jamais » Victor Hugo – 1942

Lettre non postée

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